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dimanche 13 mars 2016

All I know

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All I know is this: the ravens kiss my mouth,
the veins are tangled here,
the sea is made of blood.

All I know is this: the hands reaching out,
my eyes are closed, my ears are closed
the sky reject my scream.

All I know is this: my nostrils drip with dreams
the hounds lap us up, the fool laugth out,
The clock ticks out the dead.

All I know is this: my feet are sorrow here,
my words are less than lilies, my words are clotted now:
the raven kiss my mouth

Charles Bukowski, The Roominghouse Madrigals

mercredi 11 juin 2014

La chute

La Chute
Stylo

Je me retrouve au même point, toujours la même chose. Il y a des années je recopiais encore et encore les nus des magazines Photo tentant de tracer au crayon la ligne de hanche la plus parfaite, de glisser sur la papier les traits assez brouillés pour que se devine un entre-jambe ou la pointe d'un téton. Essayant de me souvenir des bouts de peau blanche entrevus sur la plage, un regard jeté par dessus un roman, ou deviné à travers les vêtements trop léger et transparent de l'été. Aujourd'hui ce sont des jambes écartés, des croupes tendues, des bas-ventre moelleux et des seins trop dégoulinant de lubricité, mais le crayon est toujours aussi hésitant; les traits sont toujours aussi tremblant et confus. Les formes sont là pourtant, on pourrait presque les toucher, mais il faut une infinie concentration pour les rappeler au papier. Il y a l'odeur et le goût poivré, le bruissement des draps, le bruit des vêtements qui touchent le sol et les respirations qui s'accélèrent. La douceur laisse place aux aspérités, les creux et l'humidité naissante. Tout cela dégringole et s’emmêle dans des grimaces cérébrales et il n'en ressort qu'un vide sidéral, et l'envie de rien, même pas de se branler. Aucune chute ne vaudra la chute des reins et certains souvenirs demandent encore à être vécus.

La Roche des Arnauds, 30/05/2014

jeudi 2 janvier 2014

Désert

désert

J'avoue que j'ai vécu

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"Je veux, quand je mourrai, être enterré dans un nom, un nom sonore bien choisi, pour que les syllabes chantent sur mes os, près de la mer."
"Je regarde les vagues légères d'un nouveau jour sur l'Atlantique.
Le bateau laisse de chaque côté de sa proue une déchirure blanche, bleue et sulfurique d'eau, d'écume et d'abîmes remués.
Ce sont les portes de l'océan qui tremblent.
Au-dessus passent les minuscules poissons volants, faits d'argent transparent.
Je reviens de l'exil.
Je regarde longuement ces eaux sur lesquelles je navigue vers d'autres eaux : les vagues tourmentées de ma patrie.
Le ciel d'une longue journée couvre tout l'océan.
Puis la nuit viendra qui cachera de son ombre une fois encore le grand palais vert du mystère."

Pablo Neruda