mercredi 18 juin 2014

Lac de Haute Sûre

Canon 5D MarkII, Cosinon 50mm f1,7

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Balade en deux jours autour du lac de Haute Sûre au Luxembourg, j'ai suivi cet itinéraire en commençant par le nord du lac, à mon avis bien plus physique que dans l'autre sens...

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mardi 17 juin 2014

Chronique d'un état des lieux

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  Lorsque je ferme les yeux, je me revois sous la table de la salle à manger durant les repas de famille. Parmi les pieds chaussés et les pieds de chaises, la rumeur des discussions des adultes n'est plus qu'un murmure, seul reste le soubresaut des jambes et le frétillement des talons. Les bas d'un gris crémeux de mamie et les sandales au reflets dorés de ma mère coincé entre les bateaux de mon père et les pantoufles de mon grand-père. Bientôt l'odeur âcres des cigarillos pénétrera sous la nappe, et, à la faveur des eaux de vies les jambes s'étendront, chassant la politique qui partageait avec le café son amertume. L'alcool fort bu à petites gorgées balayera les tensions, et l'espace sous la table devenant exiguë, je me mêlerai à l'atmosphère vaporeuse et irai tremper un sucre dans la mirabelle paternelle.

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  Lorsque je rouvre les yeux je suis dans un train, traversant ma vie comme un spectateur des paysages qui défilent par la fenêtre, où les sapins plantés sur la montagne, comme une palette infinie de verts, représentent les personnes rencontrées : il est impossible d'en fixer un parce que le train va trop vite, la machine tourne à toute allure. A peine s'est-on relevé de dessous la table qu'on est déjà dans les pantoufles.
Ce n'est pas tant vieillir qui fait peur — cela fait partie de l'ordre des choses — c'est plutôt la peur de ne pas avoir le temps de profiter des gens, de manquer des instants qu'on ne pourra jamais revivre et oublier l'exactitude des visages et la chaleur des sourires, le son des voix et la richesse des mots prononcés alors que la fatigue sort sa massue pour abattre les plus vaillant d'entre nous. Alors on veut se transformer en montagne et aller cacher sa tête dans les nuages, au dessus desquels rien ne change. Il y fait toujours bleu et la mer molletonnée et blanche calmerait l'esprit le plus agité. Il faudra cependant encore traverser la foule et ses turbulences hasardeuses avant de finir seul.

Quelque part entre Gap et Grenoble, 30/05/2014

lundi 16 juin 2014

Les Gorges du Verdon

Canon 5D MarkII, Cosinon 50mm f1,7 & Pentacon 28mm f2,8.

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Le sentier Martel, mai 2014

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L'imbut, mai 2014

vendredi 13 juin 2014

This Low Commotion

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"What does it mean to face desire so sadly"
"I am just a dog, a machine for your love"

Timber Timbre

jeudi 12 juin 2014

Beaux Glaise

Canon 5D MarkII, Cosinon 50mm f1,7 & Pentacon 29mm f2,8

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Crête des Beaux, Gap, mai 2014

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Pic de Gleize, Gap, mai 2014

mercredi 11 juin 2014

La chute

La Chute
Stylo

Je me retrouve au même point, toujours la même chose. Il y a des années je recopiais encore et encore les nus des magazines Photo tentant de tracer au crayon la ligne de hanche la plus parfaite, de glisser sur la papier les traits assez brouillés pour que se devine un entre-jambe ou la pointe d'un téton. Essayant de me souvenir des bouts de peau blanche entrevus sur la plage, un regard jeté par dessus un roman, ou deviné à travers les vêtements trop léger et transparent de l'été. Aujourd'hui ce sont des jambes écartés, des croupes tendues, des bas-ventre moelleux et des seins trop dégoulinant de lubricité, mais le crayon est toujours aussi hésitant; les traits sont toujours aussi tremblant et confus. Les formes sont là pourtant, on pourrait presque les toucher, mais il faut une infinie concentration pour les rappeler au papier. Il y a l'odeur et le goût poivré, le bruissement des draps, le bruit des vêtements qui touchent le sol et les respirations qui s'accélèrent. La douceur laisse place aux aspérités, les creux et l'humidité naissante. Tout cela dégringole et s’emmêle dans des grimaces cérébrales et il n'en ressort qu'un vide sidéral, et l'envie de rien, même pas de se branler. Aucune chute ne vaudra la chute des reins et certains souvenirs demandent encore à être vécus.

La Roche des Arnauds, 30/05/2014