lundi 27 octobre 2008

Souvenir d'un pas grand chose

 

ifmalcolik tour 3

"C'était toute l'atmosphère universitaire qui respirait la mollesse. Personne ne vous disait à quoi il fallait s' attendre dans la réalité. On vous bourrait de théories mais jamais on ne vous aurait dit combien les trottoirs étaient durs. Faire des études supérieures pouvait très bien vous bousiller un mec à jamais. Les livres oui, ça pouvait ramollir, une fois qu'on les avait fermé pour aller là-bas où ça se passait vraiment, il y avait besoin de savoir ce que personne ne vous disait jamais"

Charles Bukowski

lundi 25 août 2008

I'm not there - Suppositions on a film concerning Dylan.

"Seven simple rules for life in hiding.

One. Never trust a cop in a raincoat.

Two. Beware of enthusiasm and of love, both are temporary and quick to sway.

Three. If it ever asked if you care about the world's problem, look deep into the eyes oh he who asks. He will not ask you again.

Number four and five. Never give you real name. If it ever told to look at yourself, never look.

Six. Never say or do anything that the person in front of you cannot understand.

And seven. Never create anything. It will be misinterpreted, it will chain you and follow you the rest of your life. And it will never change.
"



Ballad of a thin man composée et écrite par Bob Dylan - Tirée du film I'm not there, ineterprétée par Stephen Malkmus (à écouter) joué de façon admirable par Ms. Cate Blanchett (oui c'est une fille...).

Toothpeak

toothpeak (2)

mardi 12 août 2008

La fille sur le pont

 

- C'qui ya autour de moi j'ai l'impression que c'est comme une salle d'attente dans une grande gare avec des bancs, des courants d'air, et derrière les vitres des tas de gens qui passent à toute allure, sans me voir. Y sont pressés, y prennent des tain où des taxis, y zont quelqu' part ou quelqu'un à retrouver, et moi je reste assise là, j'attends

- Vous attendez quoi, Adèle ?

- Qu'il m'arrive quelqu'chose...

 

Image 7

mercredi 9 juillet 2008

Comment, ce mec fait du skateboard ?!!

createavitea

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Pot pourri

 

 

    potpourri 4 

    • quand on écoute Bénabar, on se dit qu'il ne suffit pas de faire des rimes pour chanter juste

    • pas besoin de chaussure à 100 euros pour bien skater, une bonne vieille paire de Clyde achetée 20 euros convient parfaitement

    • pour se faire des dreds facile, il suffit de se saupoudrer du ciment sur les cheveux et d'aller transpirer

    • rien de tel qu'un post qui ne sert à rien pour se défouler

    • c'est toi le pot pourri

    mardi 22 avril 2008

    Vic Chesnutt - Sponge



    Half Nelson

    half nelsonOn gâche tout, tout le mal qu'on peut se donner pour construire quelque chose, tout est finalement gâché. C'est dommage, oui sauf quand c'est ce qu'on a construit de ses propres main, que l'on voit partir en fumée sous ses yeux, alors on souffre. On souffre d'une douleur languissante, de tout les instants, qui s'immisce au plus profond de soit et que l'on ne peut pas  effacer, ou presque. On peut tout au mieux la dissiper dans la fumée s'échappant d'une pipe à crack. La drogue est alors une "gomme" envisageable, et les films qui en parlent sont de plus en plus nombreux (il suffit de regarder les biopics...). On pourrait croire le sujet trop classique, délavé à force d'avoir été revêtu par les blockbusters, mais on peut encore être surpris. Surpris par un film sans fioriture, sans "stars" (a part peur être Ryan Gosling), mais des bons acteurs, un bon coup de caméra et un bonne dose de réalisme. Un prof se drogue pour oublier les lacunes du système éducatif où l'on pousse les élèves sur la voix de l'échec et l' ignorance, pour oublier ces repas de famille où l'on essaye de noyer dans l'alcool des valeurs et des idées que l'on arrive plus à défendre... En parallèle du film, un travail sur les idées reçues est bien présent et on se rends compte que les oppositions mènent la vie, par exemple ce ne sont pas forcément les"gens biens" qui ont les mains les plus propres et les "sales types" qui sont les plus heureux de ce qui leur arrive...

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    Abgesaugt

    La Garusse, Saint Christole, VAUCLUSE, le 17/04/08

    monsanto

    On est dans un joli coin de la France. Paumé comme il faut, chauffage au poêle à bois, pas d'internet, pas de télé (trop chiant de l'allumer), quand le radio ne grésille pas on peut écouter des tubes des années 80. Le matin on prend un bon gros p'tit dej', on va à Sault, on achète du bon pain puis on va juste à coté de la boulangerie dans un petite charcuterie-boucherie, une perle de l'artisanat comme on n'en fait plus. On peut y trouver une merveille de jambon aux herbes, tellement bon qu'on vendrait sa mère rien que pour une tranche (en tout cas moi je le ferais...). Une fois nos courses faites on lace nos godasses, on enfile nos polaire, on charge nos sacs et on se lance sur les sentiers rocailleux. On marche toute la journée, en s'arrêtant juste pour satisfaire nos estomacs gargouillants. Ce moment attendu depuis le matin voit nos douces victuailles se faire accompagner de petits fromages chèvre frais, au genièvre, aux olives au herbes... Le vente repus on repart. On à vite remarqué que l'on pouvais facilement rivaliser avec les cartes des restos du coin, alors le soir on se met derrière les fourneaux. On finit la soirée autour du poêle, la belle vie quoi... Seulement le matin en allant au marché, la radio à cessée de grésiller et ce n'est pas Ballavoine que l'on à entendu mais la présentatrice du journal annonçant que le projet de loi sur les OGM avait été adopté en deuxième lecture. Aujourd'hui il a plu, On n'est pas aller marcher.

    John Cardiel

    cardiel

    Je sais que c'est long, que personne ne va le regarder mais bon voici un petit documentaire sur John Cardiel, sa carrière de skateboarder, ses influences, ceux qu'il a influencé et sa convalescence. On peut croire que le skateboard est dangereux, certes ce n'est pas totalement faux, mais quand on voit ce mec qui a skaté comme un inconscient pendant plus de 15 ans, se retrouve en chaise roulante a cause d'un banal accident de voiture, on peut tout de même se poser des questions...
    Il faut donc saluer l'immense motivation de cet homme auquel les médecins ne laissaient que peu de chance de remarcher un jour, qu'on a pu revoir curver dans un bowl ou en nose wheeeling pour une pub Vans..

    lundi 24 mars 2008

    Pégase

     
    ampoule 1
     
    "Je voletais dans les ténèbres
    A l'allure d'un convoi funèbre,
    Je goûtais l'air de la nuit,
    Je ramais sans faire de bruit
    Dans l'épaisseur du silence,
    Lorsque je fus ébloui
    Par une chaude incandesence
    Qui émanait d'un beau fruit.

    Ma mère m'avait prévenu :
    "Méfie-toi des ampoules nues,
    Ne t'approche pas de ces globes
    Qui mettront l'feu à ta robe.
    Les papillons insomniaques
    Y trouvent un aphrodisiaque,
    La mort est au rendez-vous,
    Au mieux tu deviendras fou."

    "Ne va pas te consumer
    Pour une de ces allumées."
    Ma mère m'avait dit : "Pégase,
    L'amour, ça n'est que du gaz.
    Tu es un être nocturne,
    Adorateur de la lune
    Et des éclairages pâles
    Que prodiguent les étoiles."

    Mais en voyant cette blanche
    Et le dessin de ses hanches
    Dans une auréole blonde,
    J'ai fait mes adieux au monde,
    A la lune vagabonde,
    Belle comme une femme amoureuse,
    A ma raison qui me gronde :
    "C'est ta tombe que tu creuses".

    Je voletais dans les ténèbres
    A l'allure d'un convoi funèbre,
    Je goûtais l'air de la nuit,
    Je ramais sans faire de bruit
    Dans l'épaisseur du silence,
    J'ai vu ma vie défiler
    Jusqu'au jour de ma naissance
    Lorsque l'ampoule a grillé."

    Thomas Fersen

    Cocoon

    jeudi 20 mars 2008

    samedi 15 mars 2008

    Notre besoin de consolation est impossible à rassasier

    landecourt 61

    "Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n’ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d’où je puisse attirer l’attention d’un dieu : on ne m’a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l’athée. Je n’ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m’inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n’était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m’atteindrait moi-même car je suis bien certain d’une chose : le besoin de consolation que connaît l’être humain est impossible à rassasier.


    En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l’apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n’atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d’un souffle de vent dans la cime d’un arbre, je me dépêche de m’emparer de ma victime.

    Qu’ai-je alors entre mes bras ?


    Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l’effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.


    Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir – aime-les tous ! Je suis ton talent – fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance – seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude – méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort – alors tranche !


    Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l’autre par l’amertume de l’avarice qui se nourrit d’elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l’orgie et l’ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n’est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d’une excuse : le pardon. L’idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas en compte ma liberté est trompeuse, qu’elle n’est que l’image réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit : Perds confiance, car chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n’est qu’une trêve entre deux jours.


    Mais l’humanité n’a que faire d’une consolation en forme de mot d’esprit : elle a besoin d’une consolation qui illumine. Et celui qui souhaite devenir mauvais, c’est-à-dire devenir un homme qui agisse comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir la bonté de le remarquer lorsqu’il y parvient.


    Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n’est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l’obscurité et les jours par les nuits, c’est un voyage imprévisible entre des lieux qui n’existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l’éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n’est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure – et quelle misérable consolation, qui n’enrichit que les Suisses !


    Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m’entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l’eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors le sentiment humain de sécurité si ce n’est une consolation pour le fait que la mort est ce qu’il y a de plus proche de la vie – et quelle misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu’elle veut nous faire oublier !


    Je peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant donné que je cherche à m’assurer que ma vie n’est pas absurde et que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en un livre et je l’offre au monde. En retour, celui-ci me donne la richesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la littérature – je ne désire que ce que je n’aurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touché le cœur du monde. Que devient alors mon talent si ce n’est une consolation pour le fait que je suis seul – mais quelle épouvantable consolation, qui me fait simplement ressentir ma solitude cinq fois plus fort !


    Je peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement, prends ce que tu désires et n’aie pas peur des lois ! Mais qu’est-ce que ce bon conseil si ce n’est une consolation pour le fait que la liberté n’existe pas – et quelle impitoyable consolation pour celui qui s’avise que l’être humain doit mettre des millions d’années à devenir un lézard !


    Pour finir, je peux m’apercevoir que cette terre est une fosse commune dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l’effet d’une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !


    Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l’eau ou l’oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font qu’accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car, à la vérité, il n’existe pour moi qu’une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l’intérieur de ses limites.


    Mais la liberté commence par l’esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l’indépendance. On dirait que j’ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d’être un homme libre, et c’est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m’aperçois que toute ma vie semble n’avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m’apporter la liberté m’apporte l’esclavage et les pierres en guise de pain.


    Les autres hommes ont d’autres maîtres. En ce qui me concerne, mon talent me rend esclave au point de pas oser l’employer, de peur de l’avoir perdu. De plus, je suis tellement esclave de mon nom que j’ose à peine écrire une ligne, de peur de lui nuire. Et, lorsque la dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l’oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par devenir l’esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine.


    Mais, venant d’une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s’approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l’heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n’a le droit d’énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s’étioler. Car si ce désir n’existe pas, qu’est-ce qui peut alors exister ?


    Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n’a le droit d’exiger de la mer qu’elle porte tous les bateaux, ou du vent qu’il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n’a le droit d’exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n’est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l’on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.


    Ce n’est qu’en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ? Ma vie n’est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j’aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n’est pas l’étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n’atteint que les ouvrages avancés de ma vie.


    Mais tout ce qui m’arrive d’important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l’on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l’espace d’une seconde ou l’espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.


    Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l’on exige de moi. Ma vie n’est pas quelque chose que l’on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n’est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n’accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait – mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.


    Je peux même m’affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne peux me libérer de l’idée que la mort marche sur mes talons et encore moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu’elle constitue en me dispensant d’accrocher ma vie à des points d’appui aussi précaires que le temps et la gloire.


    Par contre, il n’est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment arrivera où je devrai me retourner vers la terre et faire face aux organisateurs de l’oppression dont je suis victime. Ce que je serai alors contraint de reconnaître, c’est que l’homme a donné à sa vie des formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent sur l’homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C’est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l’oiseau et que l’animal terrestre. Thoreau avait encore la forêt de Walden – mais où est maintenant la forêt où l’être humain puisse prouver qu’il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?


    Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l’instant que je le fasse à l’intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n’ai rien à opposer que moi-même – mais, d’un autre côté, c’est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s’exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n’aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.


    Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre.

    Stig Dagerman


    Merci aux Têtes Raides...

    mardi 19 février 2008

    En attendant je rêve

    Photo008Je ne peux pas arrêter de penser à cette fille. Cette fille que je vois en rêve depuis si longtemps que je ne peux pas me rappeler la première nuit où je l’ai vue. Cette fille qui à chaque réveil s’enfuit, et que je cherche désespérément, scrutant les passantes sur les trottoirs. Cette fille dont la peur d’avoir pu la manquer, par timidité, manque de confiance en moi ou par transparence, me hante chaque jour. Cette fille qui lorsque je crois l’avoir enfin trouvée, me remercie platement me renvoyant à mes désillusions, après avoir fait miroiter subrepticement devant mon cœur un salut inespéré. Alors cette fille je la retrouve dans mes rêves pour en guise de vengeance la souiller de mes fantasmes. Je sais qu’un jour je réaliserai qu’elle ne quittera jamais mes pensées pour me sourire au détour d’une rue, en attendant je rêve.

    Nerds

    KIF_3123

    "Don't put your hands in the air this is not a robbery"

    Buck 65

    A propos d'un débat sur l'eau en Afrique...

    cruche

    Ce schéma de l'"aide" offerte à 'Afrique peut être extrapolé à bien d'autres problèmes africains.

    A propos du débat.

    lundi 11 février 2008

    samedi 9 février 2008

    Gala de l'IFMA, cuvée 2008.

    Voici quelques images capturée lors du Gala 2008 de l'IFMA à l'opéra de Vichy.

    Événement musical s'il en est, qui permet d'oublier plus facilement l'innocente inutilité de cette réunion de futurs ingénieurs papillonnants.

    Canon EOS 400D - 35/105

    Gala 2008 5 Gala 2008 54Gala 2008 142 Gala 2008 13   Gala 2008 112Gala 2008 57 Gala 2008 89    Gala 2008 167 Gala 2008 135 Gala 2008 158 Gala 2008 149  heureuxGala 2008 129 Gala 2008 137Gala 2008 139  Gala 2008 161      Gala 2008 224 Gala 2008 114Gala 2008 243 Gala 2008 174Funky Project